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L’enfer congolais

politique
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Mais en quelle langue faut-il hurler afin que le régime de Brazzaville entende raison ? Non, on ne modernise pas les Institutions en exterminant une population, encore moins après trente-trois ans durant lesquels l’on a servi que des larmes et du sang ! Noyé dans sa violence originelle, le pouvoir de Brazzaville n’est en définitive que barbarie loin des préoccupations du peuple.

Comme partout où l’ignominie constitue la pensée dominante de la classe dirigeante, aucun régime génocidaire n’avoue l’épuration ethnique à laquelle il s’adonne. La quasi-totalité des initiatives du pouvoir de Brazzaville ne s’opère qu’au travers de la perversité et du mensonge ponctués par une atroce répression sur fond de corruption. Ainsi, agonise le pays.

Il y eu les disparus du Beach, à quelques encablures de l’embarcadère assurant le trafic fluvial Brazza-Kinshasa. Il y a désormais les disparus du Pool à défaut de voir toute cette région locomotive du Congo disparaître.

Vers quelles directions la soldatesque de Sassou conduit-elle les jeunes qu’elle enlève sans ménagement au sein de cette population kongo qu’elle exècre ? Vers ces crématoriums géants que sont devenus les villages du Pool ou vers ces directions dites inconnues où des multiples exécutions sommaires préfigurent l’hécatombe ?

Des centaines de villages du Pool sont réduits au silence à l’instar de Soumouna, Yanga, Voula, Mbaya, Siassa, Kibozi, Sérieux etc. L’ « infatigable bâtisseur » congolais n’est-il pas qu’en réalité un affreux destructeur ? Pour oui ou pour un non, Sassou trouve toujours le moyen de faire basculer le désaccord en conflit armé dans le Pool. Ce fut le cas, par exemple, pour le tipoye à Owando en 1997. La suite, on la connait. Et aujourd’hui, Ntumi, à lui tout seul, vaut-il ces milliers de morts ? Si la réponse est non, alors c’est Sassou qu’il faudrait destituer et lui exiger des comptes.

Ces jeunes complètement déshumanisés que l’on aperçoit sur ces vidéos qui font le tour du monde, ravivent notre douloureux passé de colonisés et d’esclaves. Leurs geôliers ne se sont-ils pas transformés, comme à l’accoutumée, en leurs bourreaux en mettant en exécution leurs menaces ?

Chaque jour, tel un même refrain, notre conscience est malmenée tant l’armée congolaise qui obéit au doigt et à l’œil du régime n’a pour ordre et devoir que de pourchasser et tuer des paisibles paysans sans défense et cela dans leur propre pays.

Un climat de terreur savamment orchestré par le pouvoir de Brazzaville entretient le sentiment d’une guerre imminente pendant que le génocide se poursuit dans le Pool. En effet, des colonnes de véhicules de l’armée traversent régulièrement la ville croisant les digues de sables à des endroits stratégiques aux pieds desquelles sont postées des militaires.

Les dissensions réelles ou supposées au sein du clan Sassou ne procèdent qu’à une diversion en vue d’une dispersion des forces du changement affaiblissant ainsi les ardeurs des partisans de la liberté.

Les congolais vivent à nouveau une époque comparable à celle de la colonisation avec une ambiance des territoires occupés. L’une des principales difficultés de la résolution de la question du Pool réside dans la nature du colonisateur qui est un de leurs congénères. En effet, dans une colonisation classique, les populations autochtones espèrent voir le colon déguerpir. Mais dans d’espèce, le clan Sassou exerce une « colonisation nationale ».

Longtemps au pouvoir, les dirigeants congolais se sont enrichis et ont transformé l’appareil d’Etat en un gigantesque instrument maffieux de siphonage des deniers publics et de conservation autorégénérative de pouvoir crapuleux et autocratique. Devenus puissants, ils ont intégré la pieuvre internationale rejoignant subrepticement leurs maîtres capitalistes dans les paradis fiscaux.

En réalité, la lutte qui est engagée, est un combat pour la liberté. Et la jeunesse se doit d’être aux avant-postes afin donner le la. Oser le « dégagisme » dans ce sassouland afin d'espérer rebâtir, sur les ruines de cette féroce dictature, un Congo nouveau, moderne et prospère s’avère être un devoir de tout congolais.

La jeunesse du Congo, attentiste, court d’énormes risques en persistant dans cette attitude. En effet, aussi bien les jeunes que l’on tue et ceux que l’on envoie les tuer sont tous des victimes d’un système qui compromet les chances de construction du pays. Une Nation sans jeunesse est vouée à la disparition.

Abraham Avellan WASSIAMA

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