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Ntumi et Sassou : L’accord de cessez-le-feu de tous les dangers

Congo B
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Tribune libre

On vous abreuvera d’histoires à dormir debout. On vous racontera encore des tas de conneries. En réalité, la guerre du Pool, c’est un pogrom lancé le 4 Avril 2016 dans les quartiers sud de Brazzaville, puis dans le Pool, par le gouvernement de l’époque, pour permettre à la « cour constitutionnelle » de Sassou, de proclamer les faux résultats et ainsi valider le hold-up électoral du monarque congolais. Tout le reste à ce sujet, c’est un tissu de gros mensonges cousu de fil blanc. Voilà pour la version officielle.

Mais ça, Sassou et ses laquais ne vous le diront jamais, d’ailleurs notre tyran en niait l’existence il y a encore peu, avant d’être finalement rattrapé sur le terrain des hostilités par l’incompétence de ses hommes en treillis, dont le seul fait d’armes notoirement connu à ce jour, à part terroriser les populations au Congo, c’est d’être des violeurs, des faits pour lesquels ils avaient été renvoyés de la Centrafrique. A vrai dire, une escouade de branquignoles recrutés comme bras armés du pouvoir, qui viennent, avec cette crise du Pool, d’étaler au grand jour leurs tares, incapables de déloger un empêcheur de tourner en rond, Ntumi un civil que Sassou et ses seconds couteaux  qualifiaient encore naguère de terroriste et dont ils avaient mis la tête à prix. On a même vu Thierry Moungalla, le sous-griot en chef, pérorer, ne manquant pas de rappeler, qu’on ne négocie surtout pas avec les terroristes, un principe qu’il présentait comme sacré et gravé dans du marbre. Aujourd’hui pourtant, les voilà autour de la table des négociations avec celui qu’ils prétendaient encore hier être un terroriste.  Allô Moungalla !

Pas donc étonnant, dans ce pays du parjure, où les autorités de fait ont toujours brillé par la récidive. Plus un texte ou une parole revêt un caractère sacré, donc inviolable, plus il a toutes ses chances d’être violé. On se souvient encore du viol en Octobre 2015 dans le sang et par la force des armes, de la constitution de 2002 par Sassou, c’était à peine hier. Ou en Mai 1999, de sa parole donnée auprès des organisations internationales garantissant le retour des Congolais réfugiés au Congo voisin pour fuir les atrocités d’une guerre qu’il aura lui-même déclenchée afin de revenir au pouvoir. L’histoire sait ce qu’il en est advenu. Des centaines de morts au port de Brazzaville, connus tristement sous l’affaire des « disparus du Beach ».

Les ninjas modernes de Sassou et Ntumi

Ils parlent lingala

Mais au-delà de ce qui nous est brandi comme un trophée par Sassou et son clan, les accords de cessez-le-feu pourraient se révéler  être un piège susceptible de se refermer sur  Ntumi, si ce dernier n’y prend garde. Pour que Sassou se résolve ainsi à cette issue humiliante quand on connait l’homme, c’est qu’il n’avait vraiment pas d’autre choix. Le FMI dont il attend l’aide y serait-il pour quelque chose, histoire d’apaiser le climat politique ? Sassou le sait.  Un échec donc, certes masqué, mais qu’il fera, tôt ou tard, payer à Ntumi au prix fort car Sassou a la rancune tenace.

Ntumi joue avec le feu. A ce jeu là, il risque d’y laisser sa vie car Sassou n’a jamais respecté la parole donnée. Ceci est d’autant plus vrai que notre tyran rêve de voir un membre de sa famille lui succéder.  Un projet de société qui lui tient particulièrement à cœur. D’ailleurs, il ne s’en est jamais caché, lui qui conçoit le pouvoir comme un gibier pris dans le filet familial. Pour y arriver, Sassou n’hésite pas à écarter sans ménagement tous ceux qui pourraient y faire obstacle. Marcel Ntsourou, mort. Mokoko, Okombi Salissa, Paulin Makaya et tous les autres, en prison. Les mésaventures de Dabira ou celles de Nianga Mbouala seraient, d’après nos sources, les derniers soubresauts de cette stratégie.  Alors, qui reste-t-il, qui soit encore en liberté ou hors de contrôle ?  C’est Ntumi, l’imprévisible, considéré comme un récalcitrant et à qui, de gré ou de force, on doit faire entendre raison. Vif ou mort ? Plutôt mort pour le faire taire définitivement. Les accords de cessez-le-feu ne seraient qu’un moyen en tout cas de ramener Ntumi dans le giron, histoire sinon de l’avoir sous contrôle, du moins d’attendre le moment opportun pour le passage à l’acte lequel pourrait passer par l’élimination par empoisonnement ou autres méthodes. Bref, son sort serait d’ores et déjà scellé.

Qui de Ntumi ou de Sassou survivra à ces accords de cessez-le-feu ? Les Congolais ont déjà leur réponse sur cet épilogue d’une guerre inutile qui aura fait de milliers de morts pour rien.

Enfin, quoi de plus poignant, que ce témoignage d’un Congolais qui a tout perdu « Je suis triste aujourd’hui et plus que jamais inconsolable, car la guerre du Pool m’a tout pris. Elle a arraché à la vie tout ce que j’avais de plus précieux, notamment mes parents, mes enfants et mes amis, que je ne reverrai plus jamais. Ce n’est pas ce chiffon de papier de cessez-le feu qui me les ramera à la vie ».

Les faits d'arme de l'armée de Sassou :  lire lien ci-dessous

 http://www.france24.com/fr/20170620-soupcons-viols-centrafrique-onu-casques-bleus-congo-renvoyes-mission-abus-sexuel

Jean Jacques Morawa

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